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A l’occasion de la sortie du livre Les pouvoirs de l’intelligence émotionnelle, co-écrit par Claire Lauzol - associée Pragma, Didier Noyé et Régis Rossi conférencier spécialiste de l’IE, Pragma vous propose un cycle d’articles sur l’intelligence émotionnelle.


N’est-il pas étrange de s’interroger sur la place des émotions dans nos vies ? Après-tout, elles nous accompagnent dans notre quotidien depuis des temps immémoriaux. Elles jouent un rôle central dans la sélection, le traitement des informations liées aux situations auxquelles nous faisons face. C’est notamment grâce à elles que nous avons pu assurer notre défense et notre survie au cours des siècles. Les temps de la préhistoire sont bien loin aujourd’hui, mais notre cerveau continue son travail de traitement de l’information pour nous permettre de nous adapter à chaque situation.
 
Alors, pourquoi ce débat autour de la juste place des émotions ?
 
Tout d’abord pour des raisons philosophiques, puisque les philosophes considéraient les passions (une autre manière de parler des émotions) comme des perturbations de l’âme ou des maladies. Il est courant de dissocier, voire d’opposer, raison et émotion depuis l’antiquité, mais en particulier depuis Descartes qui a largement ancré cette vision dans notre système de pensée occidentale. Or, les émotions jouent un rôle important dans un des mécanismes associés à la raison : la prise de décision. De nombreux travaux sur la prise de décision ont démontré que cognition et émotion fonctionnaient ensemble et qu’il était difficile, voire inefficace, de les isoler. Une personne a besoin d’éprouver des émotions pour exercer sa faculté de décision. Les émotions ont une influence sur de nombreuses capacités au-delà de la prise de décision : la mémoire, l’attention, l’apprentissage, le sens moral, le rapport aux autres.


Ensuite, pour des raisons de recherche de bien-être et peut-être d’efficacité. Au risque d’instrumentaliser ce qui est un fonctionnement naturel et biologique, il faut bien reconnaitre que nos émotions peuvent devenir contreproductives et aggraver certaines situations. Sous l’influence d’une émotion, il peut nous arriver d’accorder trop d’importance à un des éléments du contexte et, ce faisant, biaiser les conclusions que nous allons en tirer. Nous pouvons alors surréagir par une colère ou une peur excessive, par exemple.
 
C’est précisément là que l’intelligence émotionnelle trouve toute sa place. Elle se définit comme la capacité à identifier et comprendre nos émotions, à réguler notre équilibre émotionnel, à comprendre et à réguler celui des autres. En effet, si je suis capable de reconnaitre les sentiments que j’éprouve, d’en comprendre les déclencheurs, je serai déjà plus à même de trouver des moyens de les réguler. Il en va de même pour les sentiments d’autrui.

  

Retrouvez-nous dans notre prochain article pour explorer les composantes et les applications de l’intelligence émotionnelle.

[1] Antonio Damasio, L’Erreur de Descartes. La raison des émotions, Odile Jacob, 1995 (rééd., 2005) ; Spinoza avait raison. Joie et tristesse, le cerveau des émotions, Odile Jacob, 1995 (rééd., 2010)
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